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Le roi d’Zanzibar (On n’est pas là pour se faire entuber !)




Minable et Pitoyable* s’étaient donc affrontés
Par grand foule rassemblée, meeting interposé,
Papiers gras dispersés, autocollants collés
Coucous aux photographes et drapeaux agités.

Minable, comme d’habitude, éructa son antienne :
Je suis beau, je suis maigre, faites que mon heure vienne.
Votez pour m’être utile, pour que je sois monarque…
Voyez ce qui m’habite, si ce n’est pas la niaque !

Le reste, je m’en tape. Je ferai la rigueur,
La récession aussi, si ça fait le bonheur
De mes amis banksters pour qu’ils se la coulent douce
Puisqu’ils savent que je ne suis pas bien dangerous.

Pitoyable s’adressa à ceux qui avaient peur
De tout et de leur ombre et même du bonheur…
Aux larbins convaincus que leur médiocrité
Ne leur laissait d’autre choix que la vassalité.

Servir de paillassons aux immensément riches
Et se faire culbuter comme le sont les bonniches.
Des malades en un mot, inadaptés sociaux,
Limite sociopathes et nuisibles bestiaux.

Capables de tout entendre et de tout applaudir,
De tout ingurgiter et même de s’esbaudir
Aux mensonges éhontés, aux promesses éculées,
Aux bobards, aux craques et autres faussetés.

Minable et Pitoyable avaient donc fait le plein
De gentils commentaires des poissons patelins
Ronronnant, faute de mieux, au fond de leur bocal
Le cerveau embrumé par l’excès de mezcal.

À moins qu’il ne s’agisse de lignes de cocaïne
Qui font monter le FOG, comme le fait l’héroïne,
Sur le front pour vanter Virus sur tous les tons,
Quitte à passer d’ailleurs pour le dernier des cons.

Mais l’heure de vérité approchait, sans faillir,
Inexorablement, comme celle de mourir.
Le peuple des Pâtures, reprenant le pouvoir,
D’un bulletin dans l’urne, nous le ferait savoir.

15 avril 2012 / «® / ©»




* Minable et Pitoyable sont respectivement Flamant rose et Virus.