Sabotage !
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Vipère au point.


Vipère*, on le savait, avait la langue fourchue.
Aux Pâtures, les moutons ou les bœufs, infichus,
Sans même qu’elle les pique, avalaient ses poisons,
Les trouvaient à leur goût, se faisaient une raison
De gober des sornettes, d’avaler des couleuvres,
De ne jamais rien voir de toutes les manœuvres
Que l’on mettait en place, les poissons du bocal,
Scorpion** ou Tsunami***, car les municipales
Arrivaient à grands pas, de l’oie, comme Bernique4*
Qui, sur son tapis rouge, leur criait : « Je vous nique ! »

En manière d’alternance, Vipère savait y faire…
Car s’il y avait des troubles à cause des dromadaires,
C’est qu’ils prient à genoux avec le cul en l’air,
Leurs chamelles sont voilées et ils bouffent cachère…
En guise d’à-peu-près, c’était la surenchère !
Pourquoi donc se gêner quand on est aux affaires
Et dire n’importe quoi et même son contraire
Si, de l’esprit critique, personne n’en a plus guère
Ou que ceux qui en ont sont priés de se taire,
De se cacher profond au moins six pieds sous terre.

Maintenant les sousliks et leur mauvaise allure,
Leur manière de voler les poules sur les Pâtures,
De vivre chichement, pas même dans des masures…
Dans des trous insalubres remplis de pourriture,
Ouvraient grande à Vipère, une porte vers le futur ;
S’empressant de crier, en avançant la hure :
« Haro sur ces bestiaux qui n’amènent que la peste,
Comme les rats des égouts… Voyez comme ils empestent !
Il faut chasser ces bêtes, personne ne le conteste
Afin qu’elles nous évitent de ramasser une veste.

Les bêtes aux Pâtures sont plus connes que des veaux…
Qu’on les baise tant qu’on peut, la retraite, les impôts,
Les salaires, le chômage, les guerres dans les déserts
Pour le naphte, pour le gaz, les minerais délétères…
Rien ne leur fait question puisque les responsables
Viennent tous de pays de cailloux et de sable
Pour apporter la crise et vivre à nos crochets,
Construire des minarets pour cacher nos clochers,
Exiger des services qu’ils soient gratuits pour eux
Et ne faire que mendier pour mieux rester pouilleux.
»

Vipère qui se voyait à la tête du monde
Endossait les habits de la bête immonde,
Mais aussi les manières et tous les beaux discours
Dans lesquels seule la haine peut encore avoir cours.
Entourée de pitbulls, elle partait faire la guerre
Et à l’intelligence, à l’esprit des lumières,
Au bon sens, l’harmonie, à la fraternité,
Attaquant sournoisement toutes les libertés.
Au pays des Balkans, j’en avais connu une…
Puisse que les Pâtures évitent cette infortune !


29 septembre 2013 / «® / ©»



*Vipère est le ministre des pitbulls de Scorpion
** Scorpion est le félon à la tête des Pâtures
*** Tsunami est la ministre écolo du logement.
4*Bernique se lève à l'aube (dorée).