|
Les sapins en montagne perdent souvent la tête. Au lieu d'être pointus, leurs branches parasolent. Ils offrent aux oiseaux des perchoirs d'où ils guettent, Surveillent, espionnent, épient ou bien encore s'envolent Pour traverser l'espace et gagner les pelouses Où d'autres venturons fréquentent des farlouses. Comme beaucoup de fringilles, nous sommes plutôt grégaires, Préférant l'altruisme et l'entente, à la guerre, Conduisant cependant nos nichées solitaires. Tous les arbres, voyez-vous, ne font pas notre affaire. Quand il s'agit d'y faire un nid, les conifères Nous cachent dans leurs aiguilles, mais c'est à découvert Que nous mangeons par terre, des graines quand elles arrivent Á leur maturité, qu'elles tombent pour germer. Mais il arrive aussi que nous soyons pressés Et sur les capitules, comme les chardonnerets, Dont on dit… (Est-ce vrai ?) qu'ils ont des couleurs vives, Que nous posions nos pattes pour les décortiquer Ou sur les épilobes près desquels vous campez, Ce qui beaucoup agace un couple de tariers, Bien plus farouches que nous, qui sommes familiers Et venons picorer presque jusqu'à vos pieds, Juvéniles encore et fortement rayés… Venturons tout de même. N'en pouvez point douter. Un couple de corbeaux profite du brouillard Qui envahit les crêtes, comme tombe le soir Pour venir vous saluer, tentant de donner vie Aux arbres décédés que la mort a blanchi. Car ici, l'altitude, la neige ou bien le vent, Indubitablement sont facteurs limitants.
|