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La vipère péliade (Vipera berus)



J'aurais bien dû vous mordre, plus souvent j'aurais pu.
Je vous aurais fin tué, tant vous étiez menu.
Mais vous étiez habile et souvent me preniez…
Après quelques minutes, de mordre, j'oubliais.

Il m'arrivait alors de passer quelques jours
Dans une cage de verre où l'on pouvait me voir.
Votre mère comme toujours était au désespoir,
Mais elle vint admirer mes enfants, des amours.
J'en fis une douzaine à la fin de l'été
Que vous vous empressâtes de tous relâcher…
Ce ne fut pas facile, car pour manipuler
Mes tout petits, agiles, sans se faire piquer
N'est pas une sinécure.

___________________Vous pûtes remarquer
Que je devenais rousse quand j'avais bien mangé.

Franchement, je le dis, je n'ai jamais aimé
Les voyages en vélo dans le panier d'osier…
Sauf quand je savais que vous me relâcheriez.

Il vous fallut du temps pour admettre et comprendre
Qu'il valait mieux laisser les bêtes en liberté,
Car les observer, là, offrait plus à apprendre.

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