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Le varron (Hypoderma bovis)



Parmi toutes les mouches qui vivent dans les champs,
Je fus de celles honnies par le bon paysan
Montebrun de Vaucelles qui venait de la Sarthe,
Et portait sur le monde un regard d'aristaque.

Il disait : __ Que l'enfer, c'est les œstres __ S'emportant
Quand je bubonais sous le cuir des ruminants.

Il maudissait les Dieux, les vouant à l'errance
Jusqu'à la fin des temps en des lieux où les vers
Les dévorent par les yeux jusqu'au cul, par derrière,
En prenant tout leur temps de leur enfler la panse
Pour qu'en suintent des miasmes, purulentes sanies.

Par la même occasion, il vouait aux Gémonies,
Le véto, ses clystères, son air d'en avoir deux,
Enfourchait son vélo, allait chez le potard,
Rapportait un onguent inutile, dispendieux,
Sans effet sur nos larves et superfétatoire.

Les vaches, maintenant, disposent d'insecticides
Que l'on dit systémiques et tuent mon asticot
Dès qu'il entre sous la peau au niveau du sabot.

J'ai presque disparu victime d'un génocide.

Mais les Dieux sont vengeurs et cette molécule,
Assassine et sournoise que le sang véhicule,
Ils la font agir sur les prions du cerveau,
Qui s'en trouvent changés et présentent un défaut.

Un atome métallique, peut-être de manganèse,
Prendrait la place du fer.

_________________Là, y'a comme un malaise.
Le prion modifie sa structure spatiale…
Et la vache foldingue et le troupeau létale !

Vous n'êtes pas obligé de croire à mon histoire.

Les farines animales font un très bon coupable,
Dédouanent les politiques qui votent un moratoire...
Présumés innocents, alors ils passent à table !

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