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Je crois qu'il serait temps que les gens sachent enfin Que nous n'avons plus guère d'endroits pour y nicher. Qu'entre pies et corneilles, bien assez de dangers Nous menacent souvent... __________________________À en mourir, en vain ! Qu'ils attachent leurs chiens qui courent comme des crétins Et suivent en flairant les sentes des lapins Qui sont une flopée sur ces dunes maritimes Où nous essayons de mener jusqu'à l'ultime, La couvée de nos œufs, l'élevage de nos petits, Sans cesse dérangés, troublés et envahis. Regardez tout le temps, qu'il nous faut alerter, Passer pour lamentables avec ce cri traînant, Imiter la blessure quand l'intrus est pressant... Nos œufs refroidissant comme l'air sous giboulée. Je crois qu'il nous faudrait du printemps à l'été, Un espace réservé dont tous profiteraient : L'œdicnème criard et toutes ces orchidées Dont certaines sont rares, malgré tout ramassées. J'attends que viennent l'hiver et mes cousins du Nord Pour rejoindre les plaines blanchies par les frimas, Les pluviers dorés qui parlent du Kamtchatka Juste avant de partir vers l'Afrique du Nord. Je reviendrai, bien sûr, si j'évite les fusils Des chasseurs qui m'attirent en imitant mon cri, Justifient ce crime, à ce qu'il paraît, mon rôt Serait inimitable… digne du repas d'un roi ! J'ai un goût exécrable et il faut être sot Ou un roi sans couronne, régnant sur des gravats, Pour apprécier ma chair plutôt que mon allure, Me préférer mort qu'à vivre mon aventure.
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