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Je campe sur une niche, celle où camperait l'ombre, Partout où celui-ci est absent des rivières. C'est le cas en Bretagne où l'on me trouve en nombre Sous les herbiers, qui couvrent le sable des frayères. D'aucuns disent souvent qu'ils ne m'estiment guère Au prétexte que j'ai de multiples arêtes Qui rendent tout à fait immangeables mes chairs… Mais s'ils aimaient le sport, pourquoi donc mon squelette Voudrait qu'il les dissuade ? _________________Ils ne vous diront pas Qu'ils n'ont pas la façon, la manière, la main Pour me prendre par la bouche. _________________La truite, bien souvent, Est un poisson facile à prendre avec un fil Et au bout, une mouche. Ils diront : Je suis fade ! Vous, avec les gardons, Vous n'étiez pas habile. Il arrive qu'on me prenne. Mais souvent on me rate, Car à peine saisie, la fausse mouche en plume Est déjà recrachée. La marge est très étroite quand il faut me ferrer. Le pêcheur dans la lune me manque si souvent, Qu'il vaut mieux qu'il prétende Que je ne vaux tripette et qu'il vaut mieux qu'il tende Quelques lignes de fond appâtées d'un gros ver Et de patienter en vidant deux ou trois verres. Pour qui veut s'entraîner à la pêche sportive, De celle qu'on pratique au milieu des eaux vives, Je prétends que je suis, parmi tous les poissons, Un des plus captivants et ce, sans prétention !
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