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L'étourneau unicolore (Sturnus unicolor)


Le martin roselin a sans doute raison
De penser, c'est malin, que c'est la glaciation
Qui nous a modelés en espèces variées.
En ce qui me concerne, croyez mon analyse,
Je me tropicalise. Pareil à l'hippophage,
Aucune couleur terne ne dépare mon plumage

Au contraire, je dirai : mes plumes noires de jais
S'irisent de reflets comme métallisés,
Des verts et des bleutés quand on me voit de près.

Je pousse l'imitation d'avec les pique-bœufs
Jusqu'à faire comme eux et faire mes provisions
De tiques gorgées de sang sur ces gros ruminants
Qui ruminent en rêvant d'une gloire éphémère
Dans l'arène circulaire qui boira tout leur sang.
Je cueille aussi par terre les gros éphippigers,
Les larves de cousins de la même manière
Que mes autres cousins.

________________Et par-delà la terre,
Je m'en irai coucher en formation serrée
Dans des cannes roseaux juste au bord d'un ruisseau
Ou les lauriers-cerises… si le vent fort se brise.

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