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Le ganga unibande (Pterocles orientalis)


Un réseau de dolines envahit tous les fonds
D'une sierra brunie aux reliefs dénudés.
C'est là que je me cache. Mais il faudra marcher,
Sous le soleil brûlant, quitte à péter les plombs.

C'est comme un labyrinthe dans les escarpements,
Recouverts par endroits des restes d'un maquis
De plantes épineuses, complètement roussies
Et de pins qui survivent… Allez savoir comment ?

Car dans la pierre calcaire, frisée comme une éponge,
L'eau s'infiltre et se perd dans le sol sec qu'elle ronge.
J'habite une doline comme oubliée des temps,
Aussi des paysans qui font pousser des champs.

Car elle est loin de tout et même inaccessible
Aux tracteurs, aux chevaux, même les plus dociles.
C'est pourquoi elle est vierge de blé ou de luzerne,
Couverte seulement de touffes de folles herbes.

Elle s'allonge doucement vers une dépression
Où poussent curieusement des plantes halophiles,
Des plantes qui aiment le sel, je traduis l'expression…
Vrillé comme le pampre, un petit serpent file.

Nous sommes vingt, nous sommes cent et volons de partout.
Vous êtes trop loin pour qu'on se méfie de vous
Et on ne vous voit pas sous votre parapluie
Qui arrête les photons, sinon, vous seriez cuit.

On se presse, on s'agite, nous sommes devenus fous.
On se poursuit un peu et piquons vers la terre.
On se pose partout et courons ventre à terre,
Sur nos petites pattes et allons boire un coup.

Dans un potin d'enfer, à la fin, on s'envole.
Á peines disparus, viennent les glaréoles.

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