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Rhodopes


Bien loin d'une vallée où grondait un torrent,
La brume se dissolvait sous le soleil ardent
Qui allumait partout des miroirs de calcite
Sur des roches blanchies qui éclatent et s'effritent

Comme des étoiles au ciel dans la nuit qui scintillent.
Je sais une pente raide où poussaient des myrtilles.
À l'ombre des grands arbres, la croix des parisettes
Servirait de cachette aux petites noisettes

Qui tomberaient des coudres aux souches rejetées
Qui servent souvent d'abri aux couches des cervidés.
Toute la forêt bruitille des ailes des insectes
Que les oiseaux recherchent sous des feuilles qu'ils inspectent.

Un gobe mouche se perche dans un rai de lumière.
Des volucelles jaunes jouent à l'hélicoptère.
Des papillons tabac essaient leurs ailes neuves,
Glissent et se poursuivent, se nectarent des scabieuses,

Des mélampyres violets qui poussent comme ils peuvent,
Se poussent de la feuille pour la lumière précieuse.
Le silence, alors, comme un trouble, tout à coup.
Les oiseaux s'étaient tus, déjà, puis les feuilles

Des arbres et les abeilles aussi. Et l'écureuil,
Soudain, grimpe dans l'arbre et se cache dans un trou.
L'ours est en contrebas, il marche de travers,
Les omoplates saillent, il remue le derrière,

S'arrête, hume une molécule, se fige, s'assied,
Se gratte sous le cou, se couche sur des menthes
Et de ses pattes arrières se pousse sur la pente
Pour se frotter le ventre, se lève et disparaît !