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Râ, Lovely !


Ce matin, le soleil a de tout petits yeux
Qu'il cache de son mieux, il a dû mal dormir
Occupé à écrire, au balcon de la lune
Des fugues, des opéras, de lumière et de foudre
Où chacun, ô merveille, rencontre sa chacune
Et font Kama-Sutra, il en rougit le bougre.

Le soleil, à midi, c'est sûr, il a trop chaud.
Il rêve d'une douche, mais il n'y a plus d'eau
Dans tous ses cumulus et la mer est trop loin
Pour qu'enfin il s'y couche et l'ombre d'un nimbus
Fait tout à fait défaut pour dormir dans le foin
Quand le temps se murmure ou que brûle la peau.

Quand arrive le soir, le soleil est plus frais
Il déploie ses rideaux qui s'accrochent aux marais
Et drapent d'oripeaux les arbres qu'il habille.
Maintenant il fait noir. Les merles vont se taire,
Car si le jour vacille, la nuit tombe sur terre.
L'aurore crépuscule. L'étoile funambule.

Le soleil, cette nuit, en habit de soirée
Se cache dans les étoiles, dans une voie lactée.
Il traîne derrière lui une queue magnétique
Qui s'aurore boréale quelque part sur l'Arctique
Qu'en hiver, il a fui. C'est pour qu'on lui pardonne
Dans le pays Inuit ou sur les terres laponnes.

Las, le soleil, demain, resterait bien couché,
Faire la grasse matinée derrière de lourds nuages
C'est dit à la télé. Au moins elle le présage.
C'est pour les champignons, pour que leurs carpophores
Se couvrent d'un chapeau pour quand il fera chaud ;
Qu'ils ne cuisent soudain quand il brillera fort.

Mais ce qu'on ne dit pas, c'est qu'il s'en va bronzer
Sans culotte, ni chemise, sur un autre hémisphère
Sur une île, la banquise, Vénus ou Jupiter.
Ne le répétez pas. Jurez-le. Prométhée.
Qu'il nous prive de ses feux, s'éclipse ou soit grincheux.
Ne le répétez pas. Jurez-le. Promettez.

Qu'il nous prive de ses feux, s'éclipse ou soit grincheux.
Fasse ses comptes et se Grimm comme une blanche naine
Brille par intérim, impose la quarantaine
Jusqu'à la Saint Médard. Prenne une heure de retard
Me plante mon rendez-vous que j'ai de d'avec vous
Pour relire tout Perrault au fond de ton dodo.