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Quel pastis !
Ou pourquoi le renard n'a pas eu ses 500 signatures pour se présenter au premier tour ?



Bien sûr, il se trouva quelques vieux solitaires,
Sangliers de surcroît, depuis longtemps sur Terre,
Qui voulurent s'opposer et prendre la parole,
Qui ne souhaitaient pas qu'on votât casserole,
Qui s'interrogeaient sur les raisons pour lesquelles
Le candidat renard n'ait eu ses signatures
Lesquelles auraient permis au peuple des pâtures
Un autre choix qui leur eût paru moins cruel
Que celui, improbable, aux dires des génisses
Qui les troublaient comme l'eau ajoutée au Pastis.

(Faut-il que je précise que le renard aurait
Grappillé bien assez de voix au loup honni
Pour qu'il n'arrivât point au deuxième tour et
Faussât tous les sondages prévus par la Pythie ?)

Les canards déchaînés, sur leurs petites mares,
Publiaient tout sur tout, dans un grand tintamarre,
De la vie, du programme, des intentions du loup,
Oubliant, (comme exprès ?) de ne parler surtout
Du Président Bélier... Mais qu'on le laisse croquer
Et sur les bergeries dont les marchés truqués
L'auront bien enrichi, les juges (car il en faut
Pour protéger le blé de l'usage des faux)
Sauront vite trouver vice de procédure,
Que des dossiers manquaient aux rayons des questures...
Les médias, par le temps, sont tous anesthésiés...

Et qui voudrait prêter l'oreille aux sangliers ?

L'oie rieuse (Anser albifrons) / 28 avril 2002 / «® / ©»