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Port de Pailhères


Un aigle Jean le blanc fait du vol sur place.
Il imite en cela d'autres cousins rapaces
Qui trichent comme lui. Je vais vous expliquer.
Ils s'accrochent, en fait, aux fils des araignées
Qui transportent leurs petites quand elles sont encore vierges
Pour aller dans des îles qui, de la mer, émergent.

Deux marmottes qui s'ennuient, sifflent à qui mieux-mieux
Pour un chevreuil qui passe, pour un traquet motteux
Et pour cet oiseau là, tout de rouge et de bleu.
Qui pistonne sur la roche et paraît bien anxieux.
C'est le merle de roche qui se montre bien peu
Qui, ce jour là, le fit, pendant une heure ou deux.

Comme une flèche, il capture quelque insecte insouciant
Qu'il garde au bec, assomme, puis appelle ses enfants
Qui viennent quémander la bouchée, frémissants
Et disparaissent bien vite sur un autre versant
D'où montent des nuages qui, en un court instant,
Crèvent et se déversent sous le vent ouragan.

Des torrents d'eau violents creusent la moindre rigole.
Des éclairs aveuglants frappent toutes les crêtes.
C'est ce jour là, je crois, qu'en Olympe, les cieux
Firent d'un coin d'Espagne un autre Sébastopol,
Et noyèrent sous la boue qu'aucun arbre n'arrête,
Dizaines de vacanciers à la colère des Dieux.