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Méat culpa !



Parfois dans ses bons soirs, ce bouc luxurieux
Faisait mauvaise vie, au loin, sous d'autres cieux.
Était-ce la raison que Virus* l'eût choisi
Pour devenir Ministre des fla-flas, des chichis,
Du tourisme lascif, des lâchetés serviles,
Des libertés bridées, des réformes stériles,
Des prises de position qui n'engageaient à rien
Et des silences coupables quand aboyaient les chiens ?

Tout le monde regrettait, au pays des Pâtures
Que tout parte à vau-l'eau, y compris la culture
Laquelle se comprenait pour tous les herbivores,
Qu'ils soient bœufs ou moutons, ou loups et carnivores
Comme un ensemble d'us, de lois et de coutumes
De réponses adaptées, que l'on soit bête à plume,
Recouverte d'écailles ou nue ou à toison
Pour connaître les siens, pour la fornication
Afin que le bélier ne baise pas la chèvre,
Ni le bouc, non plus, pas même du bout des lèvres.
Jusqu'à preuve du contraire pour avoir des agneaux,
Il fallait des brebis et des vaches pour les veaux.

Puis il faut des pariades pour séduire les belles,
Des couleurs sur les plumes et jusque sur les ailes,
Des combats valeureux corps à cors et d'épois
Résonnants, fantastiques, encore ; au fond des bois.
Ou une saillie vite fait qui laisse insatisfait
Le coq qui s'ébroue et le couvert remet.

Et accessoirement bêler, beugler ou braire
Et gratter du sabot pour soulever la terre
Parfois pour avertir que l'on est en colère
Ou bien pour le plaisir, pour faire de la poussière.

Et si l'on ne dit rien de la beauté du ciel,
C'est qu'il s'amuse souvent de ses pluies torrentielles
Qui nous trempent et nous glacent au plus profond des os
Et nous font piétiner dans la boue et les eaux.

Maintenant aux Pâtures, de vieux boucs lubriques
Faisant leur cinéma en nous parlant de trique
À de nubiles agnelles, consentantes et droguées,
Menacés de poursuites, étaient vite excusés.
Mais encore fallait-il pour cela qu'ils fussent riches,
Des artistes, des peoplettes, bien en vue sur l'affiche…
Mieux encore, viruphiles et payant leur écho
En répétant partout le moindre de ses mots.
Tout leur était possible, même la récidive
Ils ne risquaient même pas une punition tardive.

Le ministre susnommé n'avait même pas su dire
Les mots pour que se taise jusques à en mourir
Ce députhébété s'en prenant aux gazelles
Qui considèrent Virus pire que les écrouelles…
Virus qui choisissait des Ministres d'ouverture…
Profond dans les annales du Pays des Pâtures.

15 novembre 2009 / «® / ©»


* Virus est l'actuel président des Pâtures.