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Le loup remis à l'ombre



Le loup serait battu, le bélier réélu
Au terme d'une campagne où tous les coups tordus,
Les manœuvres inavouables, les procédés douteux
En irriteraient plus d'un, sauf peut-être les Dieux.

Le loup et ses alliés du peuple carnivore,
Pleins de ressentiments, deviendraient taciturnes…

« Le peuple des pâtures ne vaut qu'on les dévore,
Cachons-nous dans les bois et devenons nocturnes !
Soyons l'armée de l'ombre, ne soyons plus marrons,
Allions-nous aux mouches, aux œstres et aux varrons,
Aux taons, aux bactéries, aux virus, aux prions…
Les moutons et les vaches, jamais ne les verront,
Mais seront agacés ou piqués jusqu'aux sangs
Par l'armée invisible de l'insecte nuisible
Et les fièvres tremblantes les prendront comme cible.
Ils mourront d'hécatombe qui les tuera par cent.
Leurs cadavres empestes entassés en charniers
Brûleront dans les champs dans d'épaisses fumées.
Désormais la terreur et l'insécurité
Seront, pour chacun d'eux, leur seul souci premier. »


En excluant les bêtes qui ont mauvaise haleine,
Le peuple des pâtures se mettait à la peine.
Les maux sont insidieux quand on ne veut les voir,
Leur éradication est vaine et sans espoir.

L'oie rieuse (Anser albifrons) / 26 avril 2002 / «® / ©»