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Lodèves


Le printemps se fait doux et toutes les garrigues
Se couvrent d'iris nains et de discrets narcisses.
Les muscaris violets se disputent aux pensées
Mais, cèdent à la beauté des premières orchidées.
Quelques tendres asperges aux kermès se hissent.
Une fauvette alerte dans un buisson, s'intrigue,

C'est une passerinette qu'on verra un instant.
De grosses perdrix rouges échappées du massacre
Piètent verticales et s'envolent bourdonnant.
Passe un coucou geai juste arrivé d'Afrique.
Pour pondre aux nids des pies, tout son temps il consacre
Avant de retourner, peut-être au Mozambique.

Près d'un lac, Salagou, des turdoïdes regardent
De gros rats d'eau qui paissent. Ils sont bien ombrageux.
Une fauvette orphée revenue de l'enfer
Répète sans relâche trois strophes de son chant.
Et quand le soir descend, dans des buissons piquants,
Prunelles et aubépines, s'élève le concert
Des chorales rossignolles. Un tropisme lumineux
À figé le grand paon que la lampe retarde.

Sur des terres bauxites comme des latérites
Ou sur des sables gris chargés de dolomites
Tous les genévriers, de Phénicie, aussi,
Ou les salsepareilles, comme ils sont en sursis
Rêvent parfois d'un ailleurs, essaieraient le granite,
Abriteraient volontiers, le nid des troglodytes.