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Jamais dans mon jardin !



La merde, bien entendu, qui leur sortait du cul,
Tous les jours que Dieu fait, (comment l'en empêcher ?)
Recouvrait maintenant tous les prés et les champs.
Il fallait la traiter.
______________Des savants proposaient
Qu'on en fît des engrais dans des usines neuves
Et classées Seveso.
______________Mais les peuples s'émeuvent,
Très vite et aussitôt que dans leur horizon,
On menace leur confort. En criant haut et fort,
Les bœufs et les moutons, tous très remontés,
Rejetèrent le projet, défilèrent en nombre.

La merde nous encombre. Comment y remédier ?

On pourrait l'expédier dans les pays d'Afrique
Avec un peu de fric afin qu'ils ne protestent,
Jamais, qu'on les empeste.

Une merde de plus dans tous ces pays-là,
Ça ne se verra pas.

Sinon, on est foutu. On n'en veut plus chez nous.
Faut-il qu'on casse tout afin qu'on nous écoute ?

Tous nos élus s'en foutent ou bien sont démagogues,
Nous enfoncent la tête, bien profond, dans les gogues.
Faudrait leur faire leur fête…

Sur mon fil installée, tout en les observant,
Je m'oublie un instant et lâche un petit pet.
Ça me vaut sur l'instant l'opprobre et les injures
Du peuple des pâtures et de fuir en volant.

L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (3 juin 2002) / «® / ©»