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Hallali de mort


Virus* cherchait vraiment à ce qu’on l’assassine.
Fallait pas le chercher. Fallait pas qu’on le bassine !
Son ami de toujours, de la race de Salers
Avait droit aux critiques et à la controverse,
Au prétexte qu’il n’avait pas su tuer l’intérieur
Aussi bien que son maître, vénéré, supérieur,
Capable d'un décret de casser la carrière
D’un gendarme qui n’aurait pas voulu se taire,
Rester dans sa réserve comme un bon indien mort
Ou bien faire rempart, aux balles, de son corps.

Quant à celle qu’il baisait, quand Pécora** faillait,
La secrétaire des Tas de Compost et Déchets,
Il fallait qu’elle se taise, partout, absolument,
Sur la taxe carbone et tout l'environnement.
Les seuls ministres fidèles étaient souvent trop saouls
Ou bien trop occupés à chasser les bougnoules,
À compter les euros qui manquaient dans les caisses,
À louer des avions pour des voyages express,
À vacciner des vieux en phase terminale
À faire en sorte que les multinationales
Délocalisent aussi discrètement que possible
Afin que l’ouvrier devienne enfin flexible ;
Toutes choses promises au nom de la rupture
Pour enfin tout casser au pays des Pâtures.

Faute de contre pouvoirs et d’une opposition,
Virus, sur du velours, damnait à tous, le pion.
Il fallait donc le tuer, démocratiquement,
D’une balle dans la tête ou bien plus sauvagement,
Parce que, depuis longtemps, sur la démocratie,
Virus et ses complices s’y était bien assis.
Sur un croc de boucher, accrocher leurs carcasses
Et celle de Pécora, en guise de dédicace
À ceux qui oublieraient qu’elle en profita bien,
Regardant les moutons comme s'ils étaient ses chiens.

3 avril 2010 / «® / ©»


* Virus est l'actuel président des Pâtures.
** Pécora est une brebis transalpine qui accompagne Virus dans ses voyages officiels.