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Le génie des alpages.



Le peuple des pâtures avait en d'autres temps
Et sans trop de censure accepté que venant
De l'Europe toute entière, des bêtes s'installassent,
Devinssent familières des pâtures et fassent,
Avec les ruminants, bon ménage et mariage
Et même des enfants avecque des génisses,
Des brebis, des lapines, qu'ils fussent bouquetins
D'origine transalpine ou bisons de Pologne
Travaillant dans les mines.

Le peuple des pâtures oublia vite pourtant
Que bien de ses enfants : la roussette des bananes,
Le tapir de Guyane et le cagou canaque
Des proches du macaque, tellement différents
Du joli mouton blanc... avaient les mêmes droits,
Au logis, à l'emploi, aux études, au respect,
Qu'on eût dû les saluer et non les suspecter,
Sur leur couleur qu'ils soient, sûrement instigateurs
De l'insécurité.

Quelques ânes vieillissants qui n'en connaissaient, mais,
Allaient les accusant de crimes et méfaits
Et justifiaient ainsi que l'on votât le Loup
Ou pire pour l'UMP, le parti de Bélier...
Ou bien qu'on les pendît pour qu'ils meurent, par le cou.

Belette et le Putois, Flamant rose tout autant,
Se tenaient souvent cois, comme un assentiment.

Les pâquis, les pâtures, se voulaient la patrie
Des droits des bêtes… oui, mais c'est une imposture.

L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (8 juin 2002) / «® / ©»