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Flotte traversière


Un homme se promenait sous un soleil de plomb.
La morsure de Phoebus était insupportable,
L'aveuglante clarté et la sueur au front
Lui faisait regretter de n'être resté à table
À boire de l'eau fraîche et du sirop d'érable.

Par hasard, en marchant, il trouve un parapluie.
L'ouvre, se félicite de l'effet bienfaisant
Continue son périple, se rit du soleil, qui,
Vexé, darde ses rayons, évapore les étangs.
Un court instant s'écoule, de gros nuages gris
Envahissent le ciel où le tonnerre gronde.
Le soleil se voile, se cache et disparaît.
Un peu de poussière du sol se lève et vagabonde.
Un vent léger la pousse et l'air se rafraîchit.
L'ombre s'est faufilée et noircit les cyprès.

L'homme se débarrasse alors de l'encombrant.
Devenu inutile, il le jette au fossé
Pour qu'il serve d'ombrelle à un autre passant.
Puis, rentre d'un bon pas et bientôt en courant,
Et arrive chez lui, complètement trempé.

Ésope et La Fontaine se fendraient d'une morale.
Je n'ai pas leur talent et ça m'est bien égal.
Il paraît quand il pleut, la rivière sort de son lit.
Quand il pleut, moi, j'y reste, bien blotti, à l'abri.
Il y a bien assez d'imprudents par le monde.
Qui vainquent les sommets, même ceux du toit du monde,
Affrontent les tempêtes sur des bateaux sponsors,
Roulent comme des fous ou bien narguent la mort,
En espérant, bien sûr, qu'on viendra les sauver
Et qu'on fera tout pour qu'ils passent à la télé.