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Étonnant, non ?



Un mouton militant du parti du Bélier
S'affichait souriant, car il avait gagné...
Son candidat était élu au premier tour.

Il postillonnait des miettes de petits fours.

Ce mouton, encore frais, était en préretraite,
Car on l'avait jeté après que d'une traite,
Pendant de longues années, il eût tant travaillé
Dans l'amiante, le mercure, la tridégueulamine
Dans une grande usine, pour que sur les pâtures,
Son patron enrichisse surtout des actionnaires
Qui avaient exigé, depuis les bords de mer
Où ils se prélassaient, des restructurations,
Délocalisations vers des pays où la
Main-d'œuvre bamboula était beaucoup moins cher,
Où, à peine pubères, les chiots, les jeunes chats,
Travaillent comme des bêtes, jamais ne les embêtent
Avec des syndicats ; des mises à la retraite
Par anticipation avant que les cancers
Du foie ou des rognons et d'autres maux divers,
N'apparaissent, qu'on les traite, qu'on découvre soudain
Qu'ils furent contractés dans le milieu malsain
Qui régnait dans l'usine...

Qu'on aurait pu traiter à temps toutes ces toxines,
Mais qu'on ne le fit pas, (pourquoi faire ?) car l'état
Remboursait bien les soins et que les ouvriers,
Bêtes à bouffer du foin, voteraient pour Bélier.

Cela dit qu'ils votassent pour le beau Flamant rose,
Croyez-vous que changeassent pour autant toutes ces choses ?

L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (9 juin 2002) / «® / ©»