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Un mode d'emploi fictif



Le Vanneau, à l'instar des gens de son espèce,
Aimait dans la poussière, baigner tout son plumage.

Un jour qu'il le faisait, soulevant un nuage,
Quelques moutons au loin sur le gazon qu'ils paissent,
Tout aussitôt qu'ils virent, par le vent soulevé,
Le poussier, à tel point que toute l'atmosphère
S'en trouvât obscurcie, comprirent qu'une armée
S'approchait des pâtures, que mille janissaires
Et autant de montures envahissaient les prés
Du peuple des pâtures.

Tous les moutons s'enfuirent, sauf un, plus courageux
Qui voulut, de visu, contrôler de ses yeux
L'étrange phénomène qui l'avait effrayé.

Il s'en approcha, bien que de la tête au pied,
Il tremblait tellement qu'on l'eût pu cru atteint
D'aphtes et d'ESB ou pire, de piétin.

À mesure qu'il s'approche, l'armée se fait tornade,
Puis bientôt tourbillon, risée, à peine brise.
Enfin l'oiseau surpris qu'un mouton le regarde,
S'envole et le survole, de ses cris, le méprise.

Le mouton retourna brouter sur ses pâquis.

Vu de loin, le Vanneau pourrait faire illusion.
Ses pareils, tout autant, d'autant qu'ils sont légions,
Tous gonflés d'importance. De près, ils sont petits.

L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (6 juin 2002) / «® / ©»