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Coto doñana


Une piste de sable, quelques pins parasols.
Un maquis assez haut pour camoufler des cerfs.
Des daims et des cochons en bandes innombrables,
Des serpents, des tortues et leurs traces sur le sable,
Un lynx, bien trop loin, assis sur son derrière,

Souvenirs anciens de cette terre espagnole.

Des vaches efflanquées, par des hérons, gardées,
Des cigognes blanches et noires, arlequins et sultanes,
Judelles et chipeaux se partagent les vases,

Des milans se confondent d'avec les busards,
Le circaète côtoie le vautour percnoptère,

Des vols de guêpiers envahissent tout l'air,
Des hirondelles rousselines et des martinets rares,
Pour l'ornithologiste, tant d'espèces l'extasent.

Pourtant le botulisme a tué le vieil âne
Qui vivait au Palacio d'un Alphonso trece.

Un prof de zoo d'une fac lyonnaise
M'a aussi demandé, avec un air benaise :
" A que hora pasán, aqui, les sangliers ? "
Je lui ai répondu, mais en français aussi,
Qu'on ne disposait pas des horaires du chaix !
Je n'ai pas regretté d'avoir fait cette saillie
Car j'avais écouté ce triste personnage
Je-sais-tout, j'ai-tout-vu, je dispose d'un bagage,
Surtout de ma connerie dont ont bien profité
Mes étudiants soumis à mon autorité.

J'avais le poil bien noir et la peau très bronzée
Et pour un espagnol, je pouvais bien passer
D'autant que d'puis des mois, j'oubliais mon français.
Mais, ça, ce Monsieur-là pouvait pas l'deviner.