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Les flics morts, on s’en cogne !



Les moutons avaient peur au pays des Pâtures.
Virus* avait promis, à son investiture,
Que les loups, les chacals, tous ceux qui ont des dents,
Qui volent, dérobent ou pillent ; la chienlit ; le chiendent ;
Seraient à tout jamais, au ban, karcherisés,
Pourvu qu’on ait des lois pour tout sécuriser,
Des meutes de pitbull, mais sans les muselières,
Des juges tout soumis, au nom de la carrière,
Quelques très vieilles biques, apeurées, cacochymes
Bigotes et racistes, tentées par le fascisme…
Les forces de police, pourraient tout : les bavures,
Écraser les agneaux sous les roues des voitures,
Assassiner jusqu’aux éléphants sans défense,
Justifiant, sans férir, la légitime défense.
Et pour leurs fins de mois, devant les tribunaux,
Accuser leurs victimes, meurtries, de quelques maux
Qui leur vaudrait, de suite, de belles indemnités
Pour un poil dans leur main qu’on aurait retourné.
À défaut de violence, la rébellion aussi
Valait à leurs auteurs l’emprisonnement à vie.
Et pour peu qu’un pitbull finisse au caniveau,
Qu’une balle le frappe, ailleurs qu’au cerveau,
Afin qu’elle soit mortelle… Alors Virus accoure,
Promettant qu’il faudrait qu’on pende, haut et court,
Tous ceux qui s’attaquaient à ces chers fonctionnaires,
Ces forcenés de l’ordre, maintenant, tortionnaires,
Harcelant les moutons qui n’osaient plus sortir,
Pas même quand il fallait qu’ils aillent se nourrir,
De peur de les croiser et de se retrouver
Avec un doigt dans le cul, obligés de tousser.
Personne n’aimait plus, au pays des Pâtures,
Ni Virus, ni ses sbires, les pires des ordures.
Personne ne pleurait plus, leur mort, bien au contraire.
Les occasions manquaient de rire et se distraire…

21 mars 2010 / «® / ©»


* Virus est l'actuel président des Pâtures.