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Cazorla


Là, le Guadalquivir s'enjambe encore d'un saut.
Une truite, dans un trou, joue avec son ombre
Qu'elle déplace doucement sur le fond sablonneux.
Des crapauds inconnus tapis au fond de l'eau,
Pagaient dans le courant et se demandent, sombres,
De quelle sorcière leur vaut ce sort calamiteux.

À grands pas, des mulets regagnent les navas
Chargés de grands filets remplis de ces lichens
Que l'on nomme mugo et qui pendent des branches
Des arbres qui conifèrent sur des miembras secas
Où, quand le jour décroît, nos pas nous y amènent
Dans des graminées folles aux épis qui se penchent.

Où l'on croise des mouflons aux cornes ammonites
Qui marchent imprudents d'une allure étourdite
Sur des sentiers-ravins au croisement impossible
Et dévalent la pente provoquant la panique
Des cailloux qui s'enfuient avec un bruit terrible
Et modifient ainsi les données tectoniques.

Des bouquetins agiles occupent les corniches.
Ils rêvent de prendre l'air quand planent les vautours
Qui manègent dans le ciel au-dessus d'un cadavre
Qui est encore trop frais et c'est ce qui les navre
D'autant que les milans s'y battent tous autour
D'avec des percnoptères. Le grand corbeau s'en fiche !


En culotte de plumes, un gypaète barbu
Patiente, attend son heure, sait qu'on lui laisse les os
Son nom en espagnol, c'est quebrantahuesos.
Les lucioles peterpannent car la nuit est venue.
Le croissant de la lune fait début ramadan.
J'ai envie d'une cervoise et surtout j'ai la dent !