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Caligula (la petite calige) à talonnette.




Au pays des Pâtures, aux dernières élections
Virus* avait perdu et l’avait dans le fion,
Comme son Premier ministre qui, bêlant d’importance,
Annonçait le contraire et niait l’évidence.

Virus sentait si bien que sa fin était proche
Qu’il ne répondait plus, pas même aux reproches
Que ses amis d’hier, quand ils avaient perdu,
Formulaient assez fort pour qu’ils soient entendus.

Les traitres en politique, tout comme les courtisans,
Sont prompts à tourner veste ou quelque accoutrement
Pour peu qu’on les invite à regarder ailleurs
Vers où on leur présente une autre assiette au beurre.

Le Loup** qu’on avait dit sûrement agonisant,
Revenait, et les siens, avec de belles dents
Pour aider à croquer tous les ressortissants
Du pays des Savanes et tous les immigrants.

Les chèvres écolotes qui surfaient sur la vague
De l’avenir menacé et quelques autres blagues :
Comme la montée des eaux, le déluge pour bientôt,
La Terre qui se réchauffe, la mort des p’tits oiseaux,
Le risque technologique des seigneurs du nano,
Les nitrates dans les eaux, la gestion du guano,
Les déserts qui s’avancent, l’expansion des chameaux,
Les forêts qui reculent, la fin des haricots…
Sentaient que le moment n’était plus à se taire
Mais qu’elles aient des avis et qu’elles les déblatèrent.

Quant au parti des bœufs, longtemps partis pisser,
Il revenait de loin, mais sans la moindre idée.
Des années à rien faire qu’à se chercher un chef
L’avaient coupé du peuple qui lui faisait grief
Et votait pour le Loup ou alors pas du tout.
Il fallait que les bœufs et les moutons itou
Qui fussent encore en rose, soient surtout des bobos,
- Une caste - démocrates, et quelque peu sociaux,
- Des bourgeois – qui louchaient du côté des puissants,
Assez peu du côté de ceux, qui, croupissants,
Désespérèrent enfin de la gauche trahie
Par ceux, qu’avec la droite, faisaient ami-ami.

Faute d’une révolte et d’une rébellion,
Le peuple des Pâtures serait encore couillon.
On reprendrait les mêmes, dans les mêmes conditions,
Pour qu’ils se votent vite des monceaux de pognon.
On ne changerait rien aux modes de scrutin
Qui permettaient parfois à de sombres crétins
De peser sur le sort des moutons et des bœufs,
Alors qu’on les savait nettement plus cons qu’eux.

21 mars 2010 / «® / ©»


* Virus est l'actuel président des Pâtures.
** Loup fut longtemps président du parti d'extrême hue : la Guilde pastorale.