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Avec brio, bravo !



Vanneau ne voulait pas grimper sur le perchoir :

« C'est bon que pour les poules et souvent le foutoir.
Je mérite davantage que ce simple pourboire.
À m'y faire chier cinq ans, je fais un dépotoir
De ce rassemblement de vieillards, de braillards
Qui s'amusent de saillies, de mots jaculatoires,
Quelquefois injurieux, plus souvent vexatoires.

Sortir de l'enfer pour entrer au purgatoire,
Non merci, j'ai donné, je veux tous les pouvoirs.

Angora et Mangouste se déchirent pour l'avoir,
Leurs affidés partout se battent dans les couloirs.

Même Crazy Squirrel arpente le trottoir
(L'amer ébroïcien, coiffé d'un entonnoir)
En jouant de ses charmes et de ses génitoires.

Je mettrai pas la main jusqu'au fond du crachoir
Pour retirer la pièce et récolter les hoirs
Qui me feraient la place tout près de la mangeoire
Et me vautrer tout nu au fond de l'abreuvoir.

Je veux pouvoir moi-même l'y jeter, goguenard,
Pour voir les députés, UMP, fripouillards,
Se battre pour l'avoir à grands coups de tranchoirs.

Je ferai des dossiers dans mon cabinet-noir.

Je les ferai chanter jusques au désespoir.
Ils seront à ma botte et c'est rédhibitoire,
Ils m'aideront tous et sans s'en apercevoir,
Á passer le Bélier par le fil du rasoir.

Je foulerai sa carne, désormais dérisoire
Et baiserai Biquette qui, partout, fait savoir
Qu'elle me déteste car je serais illusoire.

J'entrerai dans l'Histoire et connaîtrai la gloire.
»

L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (15 juin 2002) / «® / ©»