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Brenne


Quelque part en Brenne, au milieu de l'été,
La lune est déjà haute dans la nuit avancée.
Dans la chaleur ouatée de proches marécages,
Des nappes de vapeur flottent comme des nuages

Et nous cachent à la vue d'un sanglier qui rôde,
Fouillant de ses défenses la terre qu'il érode
Pour une quelconque racine ou bien un tubercule,
Une souris malheureuse ou une pomme de fécule.

Des hérons invisibles coassent dans le ciel.
Un blaireau a laissé quelques bourdons sans miel.
Tout à coup, il fait frais et les fils d'araignée
Qui courent sur les herbes se couvrent de rosée.

Une étoile filante doucement se perd et glisse.
Le silence est rompu par les graviers qui crissent
Sous nos pas qui se pressent sur un chemin certain.
Un butor, peut-être, mugit dans le lointain.