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Ô belle, toute endormie


Ô belle, toute endormie,
Quand lascive et secrète
Vous prenez dans le lit
Toute la place offerte,
Si le rêve vous emporte
Dans un profond soupir,
Serait-ce qu'il vous porte
Vers un encore désir ?

Ô belle, toute endormie,
Fragile, abandonnée,
Vous faites de mes nuits
Une longue veillée.
Rien ne doit vous troubler,
Le moustique ou la mort,
S'ils osent se montrer,
Connaissent malemort.

Ô belle, toute endormie,
Quand le jour vous caresse
Quand la cuisse alanguie
Et votre main paresse.
La couverture à terre
Manque alors froidement.
D'une belle manière,
Vous vous roulez dedans.

Ô belle, toute endormie,
Vos lèvres me tendez
Pour un baiser et puis,
Sans délai, retournez
Loin de moi, dans les bras
D'un amant ou Morphée
En chuchotant tout bas :
Va donc faire le café !