®

Tsunami, entends-tu…




Un lapin de garenne, il en reste aux Pâtures,
Goûtant aux pissenlits qui sont amers ou surs
Selon l’heure ou l’endroit qu’on les cueille sur les ouches,
S’arrêtant de ronger, ouvrit tout grand la bouche :

« Je suis noble, on le sait et même aristocrate
Et pourtant, j’aime mieux me sentir démocrate,
Décider en conscience pour qui j’irai voter,
Sans que l’on m’influence ou veuille me tromper
À grands coups de sondages, de contre vérités,
De bourrage de crâne et de publicité.
Je me fais une idée en lisant les programmes
Des candidats en lice, pas sur les kilogrammes
Que tel ou tel perdît pour faire beau sur l’affiche
Surtout si celui-là, de nous tous, il s’en fiche.
Il arrive souvent que, de celui qui l’emporte,
Ses discours, ses promesses ne soient que lettre morte.
Rien ne l’oblige jamais à tenir sa parole
Couverte souvent par le bruit des casseroles.
Qu’importe qui gagnera, Virus ou Flamant rose
Pour moi les deux se valent, c’est la myxomatose.
Je sens confusément que la fin des Pâtures
Se décide, maintenant, entre ces pourritures…
»

« Fait comme moi » dit le chat, anar et de gouttière…
« Jamais je n’ai voté de toute ma vie entière.
Jamais je n’ai pensé à confier mon pouvoir
À quiconque voudrait faire selon son bon vouloir
Des choses qui me vaudraient de demeurer amer,
À coup sûr, car trahi, ayant cru aux chimères
Comme celles qu’on vend aux gosses pour qu’ils se tiennent tranquilles…
Mais j’ai changé d’avis et ce fut très facile
Pour une bonne raison puisque sur les Pâtures
Se lèvent des cohortes de bêtes sans armures,
Qui murmurent très fort ce seul mot : résistons…
C’est ce que je vais faire en votant pour Blanchon*.
»


30 mars 2012 / «® / ©»




*Blanchon est candidat à la présidence des Pâtures