®
Le traquet oreillard (Œnanthe hispanica)


À travers le maquis, juste au pied des Mallos,
Je connais un chemin de grès, de sable rouge.
Quand arrive midi, qu'au soleil rien ne bouge,
Deux vautours se disputent de la viande sur un os.

Le cini reste à l'ombre à surveiller son nid.
L'ortolan remplit l'air d'ondes sonores et de cris.
Une passerinette alerte dans les fourrés.
Des chocards à bec jaune tournoient près des sommets.

Je me montre un instant et vite, je disparais.
Une ombre balaie la terre, celle de l'alimoche.
Des basuras qui brûlent, en bas, dans la vallée,
Lui servent de restaurant et de garde-manger.

Je me montre à nouveau et un peu plus longtemps.
Des pipits rousselines se poursuivent en criant.
Le soleil, qui descend et rejoint l'horizon,
Allonge toutes les ombres des pierres et des buissons.

Je me montre un peu plus et même de plus près,
Avec un de mes jeunes posé sur un rocher,
Avec un de mes jeunes qui est né cette année,
J'aimerais bien vous voir, mais vous êtes caché.

Les milans royaux ne savent plus où vous êtes.
C'est à peine s'ils voient d'en haut votre casquette.
Je me montre, j'accompagne ma compagne préférée.
Nous trouvons qu'il est temps pour vous de nous laisser.

On alerte, on s'agite comme si vous étiez chouette.
En cela, on vous montre qu'on est bien turdidés.
Et puis, il va faire nuit et des dangers vous guettent
Sur le sentier pentu et surtout mal pavé.

*