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La thomise citron (Misumena vatia)



J'aime les fleurs blanches, - celles que vous cultivez -,
D'ombellifères toxiques : œnanthes ou bien ciguës ;
Parfumées comme celles de vos reines des prés ;
Ou bien vos valérianes, quoique celles-là, elles puent.

Je m'y cache, je m'y tiens et j'y reste immobile.
J'attends là qu'un insecte, de préférence myope
Y vienne butiner. Je me rends donc utile,
Tout pareil que le lion qui mange des antilopes,
En réduit l'effectif avant que les savanes
Ne deviennent des déserts aussi lisses que rabanes.

Je prends donc des insectes qui ne voient pas très clair,
Assurant, par-là même, ce que Darwin, naguère,
Aurait sûrement dit de ma contribution
Et à la sélection et à l'évolution,
Comme réponse adaptée à toutes les pressions
Qu'exercent les prédateurs quand les proies font les cons.

Et s'il ne l'a pas dit exactement pareil…
Je m'en fouts. Dégagez. J'ai pris une volucelle.
J'ai cru pendant un temps que c'était une abeille…

Vous faites de la buée, soufflant sur mes ocelles !


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