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J'ai eu beaucoup de nez quand il fallut choisir Parmi toutes les plantes celles qui me nourriraient. Je niche quand le printemps est encore nouveau-né. Il me faut donc trouver abondance de graines. Car, celles que l'été me fournirait sans peine Sont toujours dans des fleurs, ne sont pas encore nées Quand les petits gosiers de nos jeunes affamés Me rappellent souvent qu'il me faut les nourrir. Cela dit, je m'adapte et si les conifères Qui, s'ils sont étourdis, ont oublié de faire Des cônes de l'année ou encore si le vent A trop secoué les cônes des aulnes au bord des eaux… Ou je niche plus tard… ou cherche un territoire Qui me conviendra mieux pour nourrir mes petits. Vous le savez, peut-être, quand je construis mon nid, Je le cache si bien que pour l'apercevoir, Il faut des yeux de lynx ou être grimpereau, Car lui seul est capable de le remarquer dans Le lacis des brindilles recouvertes d'aiguilles. Vous auriez, plutôt fait, de chercher dans le foin Celles que vous perdîtes en bousculant les filles Quand la sève les pousse à y tomber soudain. Peut-être avez-vous lu ce roman d'Ellison, Ralph de son prénom et qui s'intitulait " L'homme invisible ", je crois, tout au moins en français. Je vous dis un secret. En mille, je vous le donne… Figurez-vous qu'un jour, dans le livre des légendes Qu'on raconte aux enfants en pays germanique, Cet auteur découvrit, par quel bel artifice, Nous nous arrangions pour que les yeux ne le vissent. C'est que nous possédions une pierre magique Que nous avions trouvé au milieu de la lande. Venait-elle de la lune ou bien d'une comète ? Je ne le sus jamais… Il suffit qu'on la mette Au milieu de nos œufs pour que, subitement, Ils deviennent invisibles, définitivement Ellison nous vola ce caillou si précieux. C'est la raison qui fit que l'on trouvât nos nids, Compté nos œufs brillants et aussi nos petits Et enlevé un peu de notre merveilleux.
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