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Un lapin encore jeune déclara sans ambages Qu'il n'avait pas voté, préférant grignotage D'un pissenlit amer qui lui tournait la tête Et partie d'une rave, il en faut pour la fête ; Que le choix proposé entre vaches et moutons : C'était deux candidats, à ses yeux, des barbons, Qui clamaient, haut et fort : « Qu'il fallait qu'on enferme Tous ceux qui d'une dent croquaient un méristème, Surtout s'ils étaient jeunes, de la race des mulots Qui ne s'intègrent pas, préférant les fouteaux ; Les levrauts toujours prêts à filer au plus vite, Coupables forcément, voyez, ils nous évitent ; Les chevreaux, mal frisés, qui coupent les épines ; Tous, qui nous font peur, quand on voit leurs bobines… » Faire un choix entre eux deux, ça me laissa rongeur. Quand il fallut voter, je laissai passer l'heure, D'autant que le Grillon aurait eu mon suffrage, Mais qu'il serait battu aux dires des sondages. À peine avais-je avoué qu'on me tint responsable Des maux que vaudrait ma criminelle abstention. Faudrait-il pour autant que je change d'opinion Laissant passer la chance d'un changement durable ? Une taupe sortit au carreau de sa mine : «Quand on crie trop au loup pour rester aux affaires Et s'il advenait qu'il vous déclarât la guerre, Il est alors trop tard pour jouer les pantomimes. » L'oie rieuse (Anser albifrons) / 28 avril 2002__________
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