Ça : félon ! Tant que ça ? dur !
®

Ça : félon ! Tant que ça ? dur !

Plus de six mois passèrent, sans que, sur les Pâtures,
Pas la moindre chronique fut digne d’imprimatur…
Qu’aurait-on pu écrire au sujet de Scorpion*
Sinon qu’il trahissait à la moindre occasion :
Sa parole, ses promesses, ses gages de changement,
Pour faire comme Virus** et même pire, maintenant.

Scorpion semblait habile pour n’offrir aucune prise…
Il est vrai qu’en ces temps où seule compte la crise,
Les poissons du bocal qui disent l’opinion
Ont grand intérêt à ce que l’information
Glisse le mieux possible comme le fait le savon
Dans l’eau de la baignoire quand il git sur le fond.

Sa compagne, cependant, aussitôt qu’elle gazouille
Semble laisser accroire qu’elle tiendrait par les couilles,
Les Pâtures, les Poissons, leurs mots et leurs photos
Qui, dès qu’ils la défrisent, leur valent les tribunaux…
Car, derrière son sourire, elle est toujours furieuse !
Il est vrai que son nom, c’est Mante religieuse***.

Scorpion aurait aimé qu’elle pépie davantage,
Fasse la une au bocal et taire les caquetages
À propos du traité sur l’Euromembrement
Jamais renégocié, signé à l’avenant…
Imposant la rigueur et la grande pauvreté
Aux bêtes qui n’auraient plus grand-chose à brouter.

Aux bêtes qui verraient la TVA grimper
Comme le prix du gaz, de l’électricité,
Les fermetures d’usine, le chômage de masse,
La dureté au travail et son code que l’on casse,
Le smic de trois centimes et la précarité,
Au nom bien sûr de la compétitivité.

Faire plaisir aux banquiers ou bien à Chlordéconne4*
Ou mieux à la finance bien qu’elle ne soit personne,
Sans parti, sans élu, sans visage et sans nom
Sous la forme d’un pactole pour gaver les patrons ;
Oublier la santé, l’hôpital et les soins…
Le vote des étrangers, taratata tsoin tsoin !

Le peuple des Pâtures pensait fort : Quelle salope !
Entouré de fachos, de ministres interlopes
Avec des comptes secrets au pays du Gruyère
Ou des envies morbides de remplir des charters,
Comme au temps de Virus, bourrés de pauvres hères
Qu’on renvoie à la mort dans leur pays en guerre.

Fallait-il que l’on parle de quelques intouchables
Fermant des hauts-fourneaux et d’autres méprisables
Choisissant de s’enfuir pour échapper au fisc
Et se faisant sucer pour une poignée de fric ?
Scorpion avait, bien vite, atteint l’ignominie,
Qu’en l’espèce, rime bien avec la félonie.

Scorpion ne méritait rien d’autre qu’on le pende.
Les Pâtures finiraient par n’être que des landes,
Au terme d’un mandat de cinq ans sur ces bases !
Les bêtes anomiques, rongées de métastases,
Finiraient-elles enfin par faire tomber leur joug,
Ne plus tendre la leur et lui couper le cou ?

27 décembre 2012 / «® / ©»



*Scorpion est le président des Pâtures.
**Virus est mort.
***Mante religieuse est la compagne de Scorpion et lui mange la tête.
4*Chlordéconne est la patronne des patrons aux Pâtures et la vraie Première ministre du gouvernement.