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Des chèvres toutes noires aux cornes torsadées Soulèvent la poussière d'un chemin fatigué Du chemin parcouru puisqu'il ne mène à rien. Deux taureaux roux ruminent à l'adresse d'un chien Une vengeance amère, de celle qu'on mange froid, Car sitôt qu'ils se lèvent, aussitôt il aboie, Les empêchant ainsi d'aller rejoindre Io Qui broute dans des fleurs juste au bord d'un rio Réduit à quelques flaques où de nuées d'argus Trempent leurs trompes dans l'eau qui reste et puis la sucent. Les vagues de la mer vont doucement mourir Sur une plage d'algues où des lignes de sable Dessinent des sillons qui se perdent au diable À moins qu'ils ne finissent par tous se réunir. Des férules géantes offrent au paysage Les seules verticales à la monotonie, Uniforme et banale, qui ne laisse au passage Qu'un souvenir fugace que bien vite on oublie... Si je n'étais pas là, tout de rouille vêtu, En troupe conséquente dispersée sur les laisses, Bruyante et agitée. Mais bientôt je vous laisse, M'envole en un instant pour d'où j'étais venu... Un grand lac qui s'étale juste au-delà des dunes. Je préfère l'eau douce à celle des lagunes. Mais, venez donc me voir. Je vaux bien le coup d'œil. C'est promis, c'est juré, demain, je vous attends. Même si d'aventure, je suis seul et bien seul, Je volerai pour vous au-dessus de l'étang.
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