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Un lac de galets tout entouré de moraines Offre à ses eaux limpides le reflet des sapins Qui ne craignent pas trop qu'on en fasse des voliges, Car la neige les contraint à raccourcir leurs tiges, Les déguise en colonnes qui se dressent sans fin. Ils se comptent, au moins, en millions de douzaines. Je suis sans doute farouche. Je n'aime pas qu'on m'approche. Si je me laisse voir, un instant, sur la roche, C'est pour mieux m'éloigner en vous laissant quand même Le temps de distinguer le dessous de mon aile Qui est tout à fait clair, mes pattes vertes ou crème, Qu'on peut voir d'assez près et les cris que j'épelle... Car, en dehors du cri que je pousse en volant, De mon cousin cul-blanc, ne m'en distingue guère, Comme lui, très farouche et souvent on me voit Dans des troupes importantes, avec des congénères, Je gagne les hauteurs, vite, en zigzaguant Et souvent, je me perche sur les arbres des bois. Vous savez peu de nous, malgré tous vos voyages, Vous n'avez jamais pu rien apprendre de plus Que d'autres avaient écrit. Maintenant, c'est foutu. Bientôt vous serez vieux et avec le grand âge, Courir la taïga, affronter les moustiques Et nous manquer quand même, c'est bien problématique. Ne comptez pas sur nous pour vous faire une fleur. Nous partirons de loin, c'est notre sauvegarde Et vivre très farouche, nous assure le bonheur. Il nous semble aussi que vous ayez des secrets. Vous-mêmes, aimeriez-vous qu'ils soient tous divulgués ? Sans rancune, voulez-vous et puis que Dieu vous garde !
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