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Le pipit spioncelle (Anthus spinoletta)


Des vaches noires et rousses, en pâturant, sonnaillent,
Quoi qu'elles fassent, où qu'elles aillent,
Á la moindre secousse qu'elles font pour arracher,
Des herbes, une bouchée.

L'eau du torrent promène des bulles qui s'éclatent
Et se refont en hâte, en sauvant l'oxygène,
Du risque de noyade aux remous des cascades.
Les falaises de granit oublient leurs éboulis
Qui rêvent de rivages, de dunes et de plages,
De congés à la mer, pour dans des millénaires.

Des pentes ont le vertige. Elles craignent de glisser.
Elles fixent leurs rochers, avant qu'ils ne vacillent,
Aux racines, aux tiges des buissons de myrtilles.

Un chemin s'est creusé par des années de pieds,
Profond comme une rigole. Les insectes, j'en raffole…
Parfois, y dégringolent et passent à la casserole.

Et ma vie de spioncelle ?…

C'est celle d'un oiseau. J'aime ce qui est beau,
Ce qui est bon, ma belle, mes enfants, mes alpages
Et votre reportage.

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