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Chaque fois qu'on se voit sur les lieux où je niche, J'ai honte à chaque fois, j'ai l'air d'une godiche. La toxine botulique m'expédie aux enfers. J'aimerais qu'on m'explique comment il peut se faire Que ce soit en Hollande ou en Andalousie, J'ai un goût sur la langue, je n'ai pas d'appétit. Je dois jouer de malchance, car j'ai souffert des hommes. Maintenant, Clostridium m'empoisonne la panse. Il faudrait qu'on me soigne pour qu'enfin je guérisse. L'affaire, aussi, l'empoigne, afin qu'on en finisse Avec les pollutions des eaux, du sol, de l'air Où grouillent des vibrions, des germes bacillaires Et des entérocoques qui vivent dans l'intestin. Tout le monde s'en moque, car la merde, c'est certain, De quelque trou du cul qu'elle sorte, vous savez, Qu'elle empeste et qu'elle pue, qu'on préfère la jeter Directe au caniveau pour rejoindre l'égout, Nourrir les bigorneaux qui auront mauvais goût. C'est moi qui suis malade, qui peut rien avaler. Jambon purée salade me ferait dégueuler ! Pourtant vous avouerez que tous ces bracelets Qu'on m'a mis sur les pattes, des jaunes, des écarlates, Pour savoir d'où je viens, l'endroit où je suis née Et même en quelle année… Avouez, qu'ils me vont bien ! L'an prochain, c'est juré en revenant d'Afrique, C'est en Thessalonique que je m'arrêterai. Le plancton aquatique est là-bas, m'a-t-on dit, À cause de l'eutrophie, abondant, pléthorique, Au point que les poissons et les tortues d'eau douce S'asphyxient ou bien toussent et meurent pour de bon. Je tente l'expérience. Je doute que j'y survive. Sinon sur les eaux vives, j'irai tenter ma chance.
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