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Le moineau soulcie (Petronia petronia)


Dans la journée, c'est sûr, il faut un peu de chance
Pour me voir quand je glane des graines à grignoter,
Car même dans l'herbe rase parsemée de rochers,
Je m'y cache au mieux… En fîtes l'expérience.

Mais quand le jour descend et rosit les remparts
D'une cité féodale qui se dresse sur la plaine… ;
Quand les touristes lassés remontent dans l'autocar,
Je reprends possession des pierres de mon domaine.

Je crie sur les murailles, fouille les échauguettes,
Sur le gazon des lices, je cueille des insectes,
Laissant ceux des calandres aux vrais moineaux des villes,
Qui les cueillent, écrasés, sur les automobiles.

Je préfère les miettes des fentes des pavés
Où je cours aussi vite que le pipit des prés.
Mais que quelqu'un s'approche, aussitôt je m'envole,
D'une manière qui fait penser aux niverolles.

Savez-vous, ces oiseaux sont aussi pétronies,
Mais des neiges ou hyémales, anciennement soulcie.
C'est le nom qu'elles avaient avant d'être pinson…
Oui, pinson des murailles, j'aurais aimé ce nom.

Mais il se fait bien tard et le soleil se couche.
Il est temps qu'on se cache et qu'on dorme un moment.
D'aucunes d'entre nous, dans un jasmin grimpant,
Non sans cris ou disputes, même des escarmouches.

Voyez, je dors dans cette anfractuosité.
Le matin, le soleil est à peine levé
Que je serai parti pour toute la journée.

Vous pourrez me revoir. Vers le soir, revenez !

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