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Je suis une sorex puisque j'ai les dents rouges. Vous me trouvez souvent car vos chattes me prennent, Me griffent, me mordent, tout pendant que je bouge Et me laissent massacrée. Pourquoi donc tant de haine ? Si encore elles prenaient la peine de me manger… Las ! Je pourrais comprendre. Mais mon odeur musquée Les dérange sûrement comme elle gêne les renards. Les effraies, seules, me goûtent et parfois, les busards. Ces oiseaux-là, de proie, collectionnent mes dents, Soigneusement rangées dans des pelotes de poils. Des savants les dissèquent et lèvent ainsi le voile Sur les zones que j'habite, même endémiquement. J'aime votre jardin qui est comme une jungle. Je disparais dans l'herbe comme si j'étais épingle. Vous m'observez quand je glisse furtivement Dans la fente d'un rocher où je cache mes enfants. Je fais de gros nids d'herbe où l'on m'entend pépier. Je mange des cloportes et des lombrics de terre. Parmi les mammifères qui peuplent l'univers, Je suis pour vous, de tous, c'est sûr, le plus secret.
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