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Le sizerin flammé (Carduelis flammea)


Je ne tiens pas en place. C'est la faute aux mélèzes
Qui poussent de place en place et m'obligent tout le temps
Á traverser l'espace, de versants en versants
Pour y trouver des branches où je joue au trapèze.

Ce que j'aime le plus, c'est quand arrive l'hiver
Et qu'avec les tarins, nous partons en tournée…,
Que nous investissons les cours de vos cités
Où poussent des bouleaux ou bien des aulnes verts.

Nous donnons nos spectacles, bien sûr, gratuitement
Aux enfants qui s'ennuient, quand ils lèvent les yeux
Sur les chatons des arbres où jamais d'écurieux
N'ont grimpé depuis le commencement des temps.

Comment ça, écureuils ! Voilà qui est curieux.
C'est là, et sans conteste, un pluriel singulier.
Je pense qu'un deuil, des dieux, serait plus régulier
Puisque vous dites toujours, j'ai un œil et deux yeux !

J'ai encore le souvenir de la première fois
Où nous eûmes le plaisir d'enfin nous rencontrer.
C'était il y a longtemps avant que voyager
Ne vous vînt à l'esprit, comme on trouve la foi.
C'était dans une cour balayée par le vent,
Á Dreux, près de la gare et c'était bien avant
Que le front national y distille fielleusement
Des idées malfaisantes qui plairont tellement
Qu'elles auraient un succès sans cesse grandissant.

Le monde des oiseaux se fout des musulmans,
Comme d'un premier duvet à la sortie de l'œuf.
Que la grenouille Le Pen se prenne pour un bœuf,
Eh Bien ! qu'elle enfle donc et bientôt qu'elle en crève !

Á croire des cauchemars quand on espère un rêve,
On se réveille un jour avec le rouge au front.
C'est bien ça qui me gêne quand au-dessus d'une flaque,
Je me penche pour boire.

_______________Je prends comme une claque :
La flamme sur mon front comme logo de l'affront.

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