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Le sizerin blanchâtre (Carduelis hornemanni)


Qu'est-ce donc qui vous fascine ? Est-ce le flot impétueux
De ce fleuve sauvage où des aventureux,
Dans l'eau jusqu'à la taille, au bout d'un fil, essaient
D'apprendre à nager à une mouche noyée ?

Est-ce la fruticée de saules restés nains,
Couvrant les alluvions enfin sorties du bain
Où les blocs de rochers se mêlent aux sables fins
Et aux arbres charriés, souvenir des trop-pleins ?

Ou est-ce notre troupe qui picore des graines
Avant qu'elles ne s'enfoncent quand le souffle du vent,
S'appuie sur leurs plumets, doucement les entraîne
Dans le sol où elles germent quand revient le printemps ?

Auriez-vous quelque doute ? Je vous sens circonspect…
Je puis vous assurer que nous sommes blanchâtres.
Voyez la tache rouge qui orne mon toupet.
Elle ressort fort bien sur mon plumage albâtre !

Je suis un peu plus gros que mon cousin flammé.
Cela tient à ce que je suis ébouriffé.
Je suis obligé de prendre cette habitude,
Car il ne fait pas chaud à cette latitude.
Une ombre dans le ciel nous fige sur-le-champ.
Plaqués contre le sol et la tête en avant,
Nous sommes invisibles, tellement qu'un instant,
Nous ne sommes plus sûrs d'être encore présents !

C'était un chevalier qui cherchait ses parents,
Criait à fendre l'âme. La solitude lui pèse.
Il s'éloigne comme une ombre dans le soleil de braise.

Reprenons, voulez-vous, c'était un incident…

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