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J'aime qu'on parle de moi. Je suis jolie, bien sûr. Mon chant est agréable pour qui sait l'écouter. Mais mon temps est compté, j'ai tellement à faire. Le soleil, à grand peine, dévoile-t-il sa sphère Que je me sors du trou où je m'étais couchée. Je m'attaque déjà à la coque bien dure D'une noix ou d'un gland, camouflé par mes soins Dans le pli d'une d'écorce quand je ne l'oublie point. Et ainsi, jusqu'au soir, je redouble d'effort, Ne perds pas un instant parce que je me fais fort De compléter mes stocks et parsemer mes bois De tout ce qui se mange et se casse à la fois. Car j'ai le bec très dur et je l'use sur tout Et même pour le plaisir et j'en prends, savez-vous ? Ce qui me plaît le plus, c'est le sport, l'escalade, Á la force des griffes, sans piton et sans corde. Je suis douée pour cela. Jamais une glissade. Il est vrai que je vole et ça, je vous l'accorde, Ça me donne l'assurance, me permet l'impossible, Descendre sur un tronc lisse, même la tête en bas, Essayer des surplombs pour tous inaccessibles Et quand je réussis, le crier sur les toits. C'est une façon de dire, pour la sonorité ! Il eut été plus juste de parler de forêt. J'aime qu'on parle de moi, mais vous me dérangez. Il me faut, à ce jour, finir de cimenter L'entrée du trou, là-bas, juste à côté du nœud… Dans le chêne… celui-là… pour que j'y ponde des œufs. Comme ça prend du temps, j'aurais tout juste à peine Celui de déposer, comme couche aux petits, Des matériaux grossiers sur le fond de leur nid Et des écailles d'écorce s'ils ont un peu de veine. Là, sur ce, je m'en vais. Venez quand vous voulez. Suis facile à trouver, je ne cesse de bouger.
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