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La sittelle de Neumayer (Sitta neumayer)


Vous savez des oiseaux, d'Alexandre le Grand,
Qu'en furent les compagnons ou ses aides de camp
Et enchantèrent aussi ses armées janissaires ?
Non, sans doute, je comprends. Vous ne m'étonnez guère.

Quand ce grand conquérant dut partir à la guerre,
Il nous confia le soin de veiller sur ces pierres
Qui furent les murailles du camp de Karabiga
Et veillent pour toujours la mer de Marmara.

Cela fait très longtemps qu'on attend qu'il revienne.
Nos enceintes s'écroulent et ce, quoiqu'il advienne.
Nous faisons notre mieux en construisant nos nids
De mortier et d'argile pour les consolider.

Mais le temps est plus fort parce qu'il a tout son temps
Et quand il est mauvais, ce qui arrive aussi,
Quand le vent et la pluie vivent en société,
Ils érodent trop vite notre ouvrage résistant.

Ô, vous qui voyagez, de grâce, s'il vous plaît,
Si vous le rencontrez, dites-lui qu'on l'attend,
Qu'il vienne les reconstruire, sinon dans deux mille ans,
Nous n'aurons plus d'endroit où nous pourrons nicher.

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