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Il est, aux beaux parleurs, de ces mésaventures Dont ils se gardent bien de vous les raconter… J'étais jeune à l'époque et dans mon trou de mur, J'attendais patiemment que la nuit fût tombée Pour en sortir la tête et longuement guetter Un insecte passant et vite poignardé. Or j'entendis le maître expliquer aux enfants Que je mordais les doigts pour peu qu'on m'y incite, Ce qui est faux bien sûr, quand bien même on insiste. On peut mal me connaître et passer pour savant Auprès des écoliers qui croient ce qu'on leur dit Choses vraies, il vaut mieux, mais aussi inepties. S'armant d'une paille fine, l'érudit de salon Voulut me faire sortir à l'instar du grillon. Mais au fond de mon trou, je suis inexpugnable. Je mordis tant et fort la brindille de foin Que son tube fut rempli bientôt de mon venin Qui, dès lors, manquerait pour m'en servir à table. D'échecs répétés en faillites avérées, Le savant retira sa paille, circonspect, La porta à sa bouche où le venin s'écoule, Lui fait dans l'instant la langue comme une boule, Le prive sur-le-champ de son élocution, D'azote et d'oxygène pour sa respiration. Cette histoire sans morale n'a pas de conclusion. Car sauf à consacrer à mon observation Á peine un moment dès que la nuit hulotasse, Titiller une soie de retrait que je tisse, Suffit pour qu'en l'instant et vite, je sortisse, Vous fasse sursauter et sitôt me ramasse.
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