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La ségestrie bavaroise (Segestria bavarica)



Le plâtre est bien trop lisse sur le plan incliné
Qui surplombe le lit dans lequel vous dormez…
Forcément, quand j'y marche, je perds toute adhérence,
Je tombe, parachutant, sans savoir où, d'avance.
J'ai largement le temps de me faire le grand stress,
L'excès d'adrénaline, l'hémolymphe à deux cents,
Ma dernière heure venue, les boules et la détresse,
Les glandes apoplectiques et même un coup de sang.
J'atterris, je panique, vous cours sur le visage
Que je couvre de soies…

___________________Où donc me réfugier ?
Sous la couette, fait trop chaud, me reste l'oreiller…

Mais la lumière s'allume, je me fige, c'est plus sage !

Alors, vous m'attrapez, me posez sur la poutre
Sous laquelle j'ai mon antre. Mais je reste figée,
Inhibée, pétrifiée, tout mon long allongée…
Et ce jusqu'au matin.
_________________N'en avez rien à foutre ?


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