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Faire court au jardin.




Malgré ma toison chaude de laine sur le dos,
Je frisonne à l’idée que j’aurais pu, trop tôt,
Décéder, piétiné, tant nous faisions du nombre,
Quand la sécurité passait au rouge sombre,
Quand au moindre incident, c’est de suite la panique
Qu’on court dans tous les sens comme des mécaniques,
Déréglées, imbéciles, renversant les agneaux
Qui meurent étouffés au fond des caniveaux
Quand ça n’est même pas de la faute à Rousseau…
Bousculant les brebis ou maltraitant les veaux,
Toutes sortes de bêtes qui tombent et restent à terre
Quand ça n’est même pas de la faute à Voltaire


C’est donc ce qu’avaient craint les organisateurs
Qui n’ignorent pourtant pas que même sans Pasteur
Les bêtes en troupeau savent bien se conduire
Et faire en sorte que rien ne pourra leur nuire.
Elles savent faire appel à leur animalité.
Ce n’est que chez les hommes que la bestialité
En conduit quelques-uns à commettre des crimes.
Il devenait urgent qu’enfin Blanchon* s’exprime
Ce qu’il fit, posément, en un peu moins de temps
Que prévu cependant et bien que l’écoutant
D’avec mes deux oreilles, je n’ai rien entendu
J’ai applaudi quand même aussitôt que j’ai pu.

21 mars 2012 / «® / ©»




* Blanchon est le représentant du parti senestre et candidat, enfin reconnu par les sondages et les médias, enfin presque tous ou seulement davantage... à la présidence des Pâtures.