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Le scorpion de Provence (Buthus occitanus)


Navré si je dérange, mais c'est l'heure où je mange.

Je sors de mon pierrier et cours sur la rabane
Où vos enfants, nu-pieds, ont fait une cabane
D'une feuille plastique sur des cannes de Provence.

À peine si ma présence ou le fait que je pique,
N'interrompent leurs jeux.

Vous me prîtes bien vite par le bout de la queue,
Me fîtes les gros yeux et vite vous me rendîtes :
Aux étoiles sous les cieux… à la nuit andalouse,
Aux lycoses jalouses aux portes des terriers,
Aux très gros solifuges qui trouveraient refuge
Sur de barbares figuiers… Aux étoiles allumées
Dans le ciel voilé des grains de la poussière,
Que le vent souleva au Capo de Gata…

____________________Et bûtes votre bière.


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