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Médecin, Makháôn, disciple de Chiron, Soignait sur les pâtures, les bobos, les blessures, Les cassures, les fêlures, toutes les meurtrissures, Les brûlures, les griffures, même les écorchures, Les fractures, éraflures et les égratignures, Sans oublier, bien sûr, les petites souillures Qui sont lot quotidien des ovins, des bovins, Des caprins, des lapins, de tous les herbivores Et leurs cousins germains. ___________________Qu'il fasse nuit encore, Qu'il pleuve ou bien qu'il gèle, Makháôn, avec zèle, Accourait au plus vite, répondant à l'invite D'un ruminant souffrant, lui servant la potion Vainquant son affection. ___________________Depuis longtemps déjà Le peuple qui pâturait, assuré par l'état, Était bien remboursé des frais des maladies Qui l'eussent cloué au lit. Mais petit à petit, Un seul pet de travers devenait un calvaire Et valait chirurgie. ___________________Makháôn sur la brèche, Y compris le dimanche, courait de crèche en crèche Pour soigner les éclanches. ___________________Un jour, trop fatigué, Makháôn se plaignit. ___________________Virus lui répondit En lui lançant son chien qui sitôt le mordît, Car c'était pour son bien. Qu'on lâche ses chiens pour qu'ils mordent les médecins, Me semble, augure bien d'un avenir pyrrhonien. Que le Loup se rassure, il aura de beaux jours. Le peuple des pâtures voudra lui faire l'amour. Je n'ose imaginer qu'il manque de mémoire... Qu'il s'étonne un jour de revoir des crématoires. Il arrive que le loup se cache sous la bergère Et change assez sa voix, tout pendant qu'il s'affaire Á construire pas-à-pas sa carrière politique, Qu'on le croît sympathique quand il est sarcastique. Les moutons pourraient bien marcher au pas de l'oie. Quand il sera trop tard et n'auront plus de choix. L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (31 mai 2002)__________
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